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Meininger Hotel: Tom Debrabandere, un directeur heureux

Tom Debrabandere - ©ADT-ATO/V.K.

Quatre mois après l’inauguration du premier hôtel avec vue sur le canal de Bruxelles, rencontre avec Tom Debrabandere, un directeur heureux.

2013-09-16 – C’était le 1er mai dernier, les ouvriers avaient tout juste disparu de cette partie des anciennes brasseries Belle-Vue, et le projet Nelson Canal avait reçu pour nom de baptême Meininger Hotel Brussels City Center. Ne croyez pas qu’il a fallu attendre un peu que le bouche-à-oreille fonctionne, ne croyez pas qu’il a fallu dépenser des fortunes en publicité pour assurer les réservations: elles allaient bon train avant même que les portes ne soient ouvertes. Meininger est un groupe qui travaille à l’international, comme on dit, et dispose à Berlin, Vienne, Amsterdam ou Londres, d’une notoriété qui rejaillit toute seule sur une nouvelle implantation du groupe. Et pour faire bonne mesure, l’hôtel est référencé sur 22 sites internet de réservation en ligne.

Bon, ceci étant dit, les 17.000 nuitées du premier mois sont quand même une bonne nouvelle pour Tom Debrabandere, le Junior Operations Manager. À tout juste 36 ans, le directeur affiche un sourire satisfait. Du bâtiment, de l’équipement, de sa clientèle, de son équipe, de sa hiérarchie.

Le segment du court séjour

Le tourisme, il connaissait, mais dans un tout autre pan du secteur. Il a travaillé auparavant chez un tour opérateur spécialisé dans les séjours en stations d’été et d’hiver – «avec des locations du samedi au samedi, évoque-t-il,pas grand-chose à voir avec les amateurs de courts séjours qui fréquentent les grandes villes, que ce soit pour le business ou la villégiature». Pour se familiariser avec son nouveau job, il a donc fait un stage opérationnel à Berlin où se situe le siège de Meininger, et où tous les services sont centralisés; puis il est passé par les hôtels du groupe à Vienne et Amsterdam.

Arrivé à Bruxelles pour y prendre ses fonctions, sa première tâche a été de recruter les membres du personnel.  Pas moins de 1.800 candidatures ont été reçues sur le site internet de Meininger et par le biais d’Actiris. 300 candidats ont été rencontrés, 22 embauchés puis formés – puisqu’il n’importait pas que ces jeunes gens et jeunes filles aient de l’expérience dans l’horeca. Ils sont Bruxellois, jeunes et dynamiques, conviviaux, et l’absence de hiérarchie (en dehors du manager) doit les pousser à prendre des initiatives. A toutes fins utiles, et pour se mettre en jambe, une répétition générale avait été organisée à la veille de l’ouverture avec le personnel des autres sites et leur famille.

Des catégories diverses de voyageurs

Depuis, ça roule. L’hôtel a atteint pour le seul mois d’août plus de 19.000 nuitées, avec un taux d’occupation de 86% des 719 lits! Les hôtes se répartissent en plusieurs catégories dont la fréquentation fluctue au fil du calendrier. C’est ainsi qu’en mai et juin, ils ont reçu principalement des familles et des groupes, notamment via les opérateurs allemands; tandis qu’en juillet, période de haute activité festivalière en Belgique, on a compté jusqu’à 70% de «backpackers», les routards en sac-à-dos. Août a vu revenir les familles, septembre compte sur les réservations par des groupes et des écoles, mais aussi des businessmen attirés par la convivialité.

Pour autant, la saison a été excellente pour tout le secteur hôtelier à Bruxelles, et Tom Debrabandere ne se perçoit pas comme un concurrent dans le paysage qui préexistait. Il dit au contraire représenter une offre nouvelle: «Les touristes défilent à Bruxelles, mais il s’agit uniquement de courts séjours, explique-t-il.Les groupes s’installent pour quatre à cinq jours, les sacs-à-dos ne restent qu’une nuit ou deux. Avant, ces derniers ne logeaient même pas dans la capitale, où ils ne s’arrêtaient que quelques heures sur le chemin de Bruges, d’Amsterdam ou de Paris».

Des employés de bon conseil

Le confort proposé à un prix très attractif (il s’agit quand même d’un 3 étoiles low cost) n’est pas la seule explication que le directeur donne de son succès: ici, au comptoir, on dispose de tickets pour divers lieux touristiques. Le personnel a pour mission de prendre des nouvelles des visites faites ou programmées. Et toutes les occasions sont ainsi mises à profit pour nouer le dialogue. Par exemple, dans le lobby, il n’y a pas de distributeur de boissons mais un frigo, les consommateurs doivent donc payer au comptoir d’accueil. Ça contribue à établir une ambiance qui se veut familiale.

En tout cas, il semble que la sauce prenne: en quatre mois, le Meininger Hotel Brussels City Center a conquis la huitième place des 193 hôtels que compte la capitale sur le site d’échanges de bons plans et de conseils TripAdvisor. Et affiche un indice de 8,4 sur l’échelle de satisfaction.

Structure industrielle et déco «street art»

À la question de savoir si la localisation joue un rôle dans cette réussite, Tom Debrabandere pointe la proximité du centre-ville (10 minutes à pied de la Grand-Place). Il ne dirait pas que le canal en lui-même est un facteur d’attrait – mais le bâtiment, oui. «Excepté dans les aéroports, Meininger s’est toujours installé dans des lieux détournés de leur fonction première. A Amsterdam, il s’agit d’un ancien immeuble de bureaux ING. A Berlin, c’étaient d’anciennes maisons individuelles. A Londres, la Baden Powell  house (maison du scoutisme). Ici, aux anciennes brasseries Belle-Vue, le fait d’avoir intégré la structure industrielle dans la réaffectation, et d’avoir opté pour une déco «street art» donne à l’hôtel un cachet très particulier qui plait aux clients. C’est tout sauf anonyme, neutre, uniforme» s’enorgueillit le manager.

Le projet de futur Espace Hôtelier Bellevue, que développe tout à côté la commune de Molenbeek, sur l’autre partie du site des anciennes brasseries, va augmenter par la force des choses la visibilité du Meininger Hôtel. Le dialogue noué avec les autorités communales s’avère constructif, en matière de sécurité des abords notamment. Mais de l’avis de Tom Debrabandere, il y a encore des choses à faire sur le plan de la promotion touristique. «C’est une démarche qui doit absolument être développée: il n’y a pas de plan de la commune à distribuer aux voyageurs curieux, pas de dépliants gratuits sur les choses à voir». Pas encore, car le projet existe. C’est qu’il le sait bien, lui: Molenbeek recèle son lot de trésors hors des sentiers battus. Il les a faites, lui, la promenade des façades, la promenade des mots le long du canal… Mais sans documentation à offrir aux curieux, il ne peut rien faire pour l’instant.

 L’événement que constituera d’ici quelques mois Molenbeek Métropole Culturelle 2014 va sans doute être une opportunité. «Car, conclut-il,nous amenons ici plusieurs milliers de clients potentiels. Ce ne peut qu’être bénéfique au commerce molenbeekois».

Véronique KIRSZBAUM